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La « der des der » du gouvernement Fillon 9 mai 2012

Classé dans : Éducation,Politique française — L'Écho-logique-Humaniste @ 21:45

La

Une histoire de notation ? On ne va pas se gêner !

Vous connaissez la dernière du gouvernement Sarkozy-Fillon ?

Dès le lendemain de l’élection de François Hollande, le gouvernement sortant a décidé de faire passer en force, par décret, une très contestée réforme de la notation des profs. Cette réforme prévoit de  faire noter les professeurs par leurs supérieurs hiérarchiques (les directeurs d’établissement) et non plus par la double notation. Ce serait désormais eux qui leur accorderaient un avancement de carrière et non les inspecteurs d’académie. Non seulement ce système de notation a été refusé par l’ensemble des syndicats de l’éducation, mais de plus, l’équipe du nouveau président avait annoncé qu’ils refuseraient cette réforme. Vincent Peillon, certainement le futur ministre de l’éducation, a d’ors et déjà indiqué sa décision à ce sujet :

« Dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement, ce texte sera abrogé. »

Donc ce dernier acte n’est qu’une mascarade complètement inutile. Ce gouvernement a une « singulière conception de la démocratie », comme le souligne Jean-Louis Auduc (http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/05/09052012_Uneultimeprovocation.aspx). Voilà, en effet, une bien triste manière de gouverner. Pour un résumé : http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/05/09/evaluation-des-profs-derniere-provocation-de-lere-sarkozy-232014.

Après tout, à quoi bon s’étonner, au vu de la manière avec laquelle le gouvernement Sarkozy-Fillon s’est employé à ignorer tous les avis des principaux concernés à chaque réforme et ce pendant 5 ans ? La plupart des réformes n’étaient appelées, rappelons-le, que par des objectifs budgétaires et non par une demande des intéressés. En fait, si on y réfléchit un peu, on se rend compte que le gouvernement a décidé de laisser sa dernière petite crotte avant de partir. A quoi sert donc de publier par décret une réforme qui va être aussitôt abrogée, sinon faire perdre du temps au prochain gouvernement et imposer sa vision unilatérale et bien aveugle de la société ?

A présent, permettons-nous une petite réflexion sur cette réforme. Elle est inique pour deux raisons. Tout d’abord, elle installe un rapport d’entreprise au sein d’un service public, qui se doit de proposer un service éducatif égal à tous les citoyens. Une entreprise cherche avant tout à se développer et à faire rentrer l’argent dans les caisses. Un service public n’est pas censé être rentable, soulignons-le pour tous nos amis libéraux. Ensuite, elle induit une forte dépendance et obéissance au chef d’établissement, qui par ce biais prend un ascendant quasi-tyrannique sur son équipe. Rappelons d’ailleurs que la plupart des chefs d’établissement ne sont pas des professeurs mais des techniciens qui doivent obéir à des objectifs fixés par l’Etat. Le professeur est donc complètement soumis à son bon vouloir et n’a plus qu’à gentiment la boucler si quelque chose ne lui convient pas. Paradoxe : l’école de la République est censée former des citoyens à l’esprit critique, civique et à enseigner la liberté d’expression. Mais avec des professeurs moutons, nous n’obtiendrons qu’une gentille population de mouton au sortir des écoles ! Après tout, n’est-ce pas le but de l’affaire au final ? Le dogme de la compétitivité a partout envahi la société et se veut le parangon de la réussite. La compétitivité en société, ce n’est pas comme en sport : ça s’appelle la loi de la jungle, et ce sont les plus forts qui gagnent. Ainsi, une école jugée non rentable car non compétitive sera fermée alors qu’elle apporte l’éducation à des quartiers défavorisés ? Non seulement le procédé est antirépublicain, mais l’objectif est également dangereux : la création pure et simple d’une éducation sur commande, aux résultats qui se doivent d’être compétitifs. Heureusement que le président nouvellement élu n’a pas les mêmes objectifs. Pour autant, cela doit nous montrer que la vision libérale de la société est dangereuse, car elle propose de nourrir les plus forts et d’abaisser les plus faibles, de creuser les inégalités et de ne plus assurer le devoir de toute civilisation humaine : permettre le bien commun !

Enfin, laissons-nous aller à leur jeu : d’accord, les supérieurs hiérarchiques vont noter leurs subordonnées. Mais le gouvernement de droite qui était au pouvoir, qui était son supérieur hiérarchique ? Le peuple. Allons-y. « Alors, résultats plus que moyens d’un point de vue économique… une gestion budgétaire catastrophique, je le souligne… mmmmhmmm… ah ! Un complet désintérêt pour les partenaires de travail, sans compter un abus le plus total du matériel à disposition et ce au profit de vos amis… Si on rajoute la situation de la sécurité en classe, la montée des haines et des colères entre vos élèves et l’éducation qui est en chute complète, ça fait pas un joli-joli bilan tout ça dîtes moi… »

Disposition A : viré de l’établissement. Fait.

Disposition B : impossibilité d’intégrer quelques établissements sans changement de comportement.

Et ne vous plaignez pas, quand un employé est viré, il ne reçoit aucune indemnité, vous, vous aurez une retraite à vie.

On vous attend donc à pole emploi.

Écho.

 

 
 

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